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Terrasse et extérieur

Bassin de jardin en bois : bâche, étanchéité et essences résistantes

Bassin de jardin carré en bois de robinier avec bâche EPDM visible sur les bords

Le bassin hors-sol en bois est une alternative qui gagne du terrain face au bassin enterré en béton. Les raisons sont simples : moins cher à construire, posable en une demi-journée, déplaçable si vous changez d'avis sur l'emplacement, et esthétiquement plus doux dans un jardin naturel que le béton apparent. Mais l'étanchéité est le point qui fait tout réussir ou tout rater.

Un bassin en bois mal étanchéifié perd lentement de l'eau par les jonctions et les noeuds. La structure reste humide en permanence, le bois commence à pourrir sur sa face interne, et au bout de 2 à 3 ans la structure cède. À l'inverse, un bassin bien conçu avec la bonne bâche dure 20 à 30 ans.

Ce guide couvre les structures possibles, les essences adaptées, les bâches d'étanchéité (avec leurs vraies différences), la mise en oeuvre, la végétalisation et la lutte contre les algues. Les bassins de moins de 1 m3 servent de mares décoratives ; ceux de 2 à 5 m3 peuvent accueillir des poissons. Les deux suivent les mêmes principes.

Les structures possibles : caissettes, planches et kits

La caissette en rondins empilés (type demi-rondin ou rondins entiers) est la solution la plus naturelle visuellement. Les rondins sont empilés à plat comme une construction de chalet, maintenus à chaque coin par des renforts métalliques ou des baguettes de bois croisées. Cette construction sans clou ni vis (les rondins s'emboîtent) est instable en hauteur : limitez-vous à 5 à 6 rangées de rondins (hauteur 60 à 80 cm maximum).

La caissette en planches chevillées est plus rigide et permet des formes rectangulaires précises. Les planches de 28 à 40 mm sont assemblées bord à bord avec des chevilles et des platines métalliques aux angles. C'est la structure la plus courante pour les bassins de forme géométrique intégrés à une terrasse ou à un potager surélevé.

Le bac rectangulaire en kit (type demi-rondin ou planche emboîtée) est disponible dans les jardineries et les enseignes spécialisées. Les kits en robinier ou en douglas traité de qualité valent l'investissement ; les kits en pin non traité ou en bois bas de gamme sont à éviter pour un usage avec eau permanente.

Les formes libres (ovale, octogone, en L) sont réalisables en planches courbées à la vapeur ou en contreplaqué extérieur résistant à l'eau, mais cette dernière option demande une bâche encore plus soigneuse car le contreplaqué se délaminerait s'il restait en contact direct avec l'eau.

Les essences adaptées : ce qui tient dans l'humidité permanente

La contrainte d'un bassin est différente de celle d'une terrasse ou d'une clôture : le bois est en contact permanent avec l'eau sur sa face interne (sous la bâche) et avec l'humidité extérieure. Il doit tenir en classe d'emploi 4, idéalement avec une durabilité naturelle élevée.

Le robinier (faux-acacia) est l'essence idéale : durabilité naturelle de classe 4, densité élevée (720-770 kg/m3), résistance aux insectes, pas de tanins qui migrent dans l'eau (contrairement au chêne, qui peut teinter l'eau en brun pendant les premières semaines). C'est l'essence recommandée en priorité pour tout bassin de jardin hors-sol.

Le châtaignier est une alternative valable : durabilité naturelle de classe 3-4, disponible en scierie locale, prix inférieur au robinier. Il peut libérer quelques tanins dans l'eau la première saison (l'eau prend une teinte légèrement théeuse, inoffensive pour les poissons), phénomène qui s'atténue avec le temps.

Le douglas traité autoclave (classe H4) est une option économique. Le traitement confère une résistance suffisante pour un contact permanent avec l'eau. Attention : le douglas traité libère des sels de cuivre en faible quantité pendant les premières semaines. Ces sels sont toxiques pour certains organismes aquatiques (crustacés, larves d'amphibiens). Laissez le bois se rincer pendant 3 à 4 semaines, eau changée 2 fois, avant d'introduire des plantes sensibles ou des poissons.

Ce qu'il faut éviter absolument : le pin non traité (durabilité insuffisante, pourrissement en 2 à 3 saisons), l'épicéa (encore moins durable), et tout bois traité avec des biocides non homologués pour le contact avec l'eau (certains traitements anciens contiennent des composés chlorés ou arsenicaux interdits depuis les années 2000 mais encore présents sur du vieux bois de récupération).

Attention

Évitez absolument le bois de palettes de récupération pour un bassin de jardin. Les palettes EPAL sont traitées au bromure de méthyle (marquées MB) ou à la chaleur (marquées HT). Celles marquées MB contiennent un pesticide, interdites depuis 2010 en Europe mais encore en circulation. Même pour les palettes HT, l'origine des produits transportés est inconnue (huiles, produits chimiques, métaux lourds). Dans un bassin, ces contaminants migrent dans l'eau.

Les bâches d'étanchéité : PVC, EPDM et polyuréthane

Le PVC souple pour bassin (épaisseur 0,5 à 0,8 mm) est la bâche d'entrée de gamme. Moins chère, facile à trouver, découpable aux ciseaux. Ses défauts : elle se rigidifie et se craquèle aux UV après 5 à 8 ans si elle est exposée à la lumière (les bords non immergés), elle se perce plus facilement aux angles vifs, et elle donne quelques substances chimiques dans l'eau les premières semaines (elle est inoffensive à dilution, mais moins "propre" que l'EPDM). Durée de vie : 8 à 12 ans en conditions normales.

L'EPDM (Ethylène Propylène Diène Monomère) est le matériau de référence. Épaisseur 1 mm minimum (1,14 mm est l'épaisseur la plus courante). Souple même par grand froid, résistant aux UV, inerte chimiquement (compatible poissons et plantes dès la pose), durée de vie de 20 à 30 ans. C'est la bâche recommandée sans réserve pour tout bassin destiné à durer. Son prix est 2 à 3 fois supérieur au PVC, mais la différence est largement amortie sur la durée.

Le polyuréthane préfabriqué (bassins moulés rigides) est une troisième option : pas de découpe, pas de pli, installation rapide. Mais les formes sont standardisées (généralement ovales ou en haricot), et la résistance aux chocs est moyenne (le polyuréthane rigide se fissure sur un coup sec). Pour un bassin de forme géométrique dans une structure bois, la bâche EPDM est plus adaptée.

Mise en oeuvre de la bâche : fond, angles et fixation en haut

La mise en oeuvre est aussi importante que le choix de la bâche. Une bâche EPDM bien posée tient 25 ans ; mal posée, elle fuit à l'angle en 2 saisons.

Préparez l'intérieur du bassin : pas d'angle vif, pas d'éclat de bois, pas de tête de vis qui dépasse. Si votre structure a des angles à 90 degrés, poncez légèrement les arêtes (papier 80) et posez un feutre géotextile de 200 g/m² contre les parois avant la bâche. Ce feutre protège la bâche des aspérités et des fluctuations thermiques.

Calculez la surface de bâche nécessaire : longueur = longueur du bassin + 2 x hauteur + 60 cm (pour les relevés sur les bords). Même calcul pour la largeur. Pour un bassin de 2 m x 1,5 m x 0,70 m de profondeur : (2 + 2x0,70 + 0,60) x (1,5 + 2x0,70 + 0,60) = 4 m x 3,50 m = 14 m² de bâche. Découpez toujours un peu large : on peut couper l'excédent, pas rajouter.

Drapez la bâche dans le bassin sans la tendre. Formez des plis réguliers aux angles (ne tentez pas d'étirer la bâche dans les coins : elle se perfore). Remplissez progressivement avec de l'eau en laissant la bâche s'ajuster au poids. Quand le bassin est plein, fixez les bords de la bâche en haut des parois avec des tasseaux bois vissés (inox) ou des profilés aluminium. L'excédent de bâche est replié vers l'extérieur et masqué par un cache en bois ou des pierres.

Végétalisation et lutte contre les algues

Un bassin sans plantes est un bassin à algues. Les plantes oxygénantes (élodée, myriophylle, cornifle) absorbent les nitrates produits par la décomposition des matières organiques et privent les algues de leurs nutriments. Elles sont indispensables dans un bassin avec poissons.

Les plantes de berge (laîches, iris d'eau, joncs, massettes) se placent sur des clayettes à 10-20 cm de profondeur et structurent visuellement les bords. Les nénuphars conviennent aux bassins de plus de 50 cm de profondeur avec une surface d'eau d'au moins 1 m². Pour un petit bassin hors-sol de 60 cm de profondeur, choisissez des nénuphars nains (Nymphaea pygmaea ou Nymphaea 'Pygmaea Alba').

La lumière est le principal facteur de développement des algues. Un bassin exposé plus de 6 heures au soleil direct en été prolifère. Pour un petit bassin, choisissez un emplacement avec de l'ombre l'après-midi. Les algues filamenteuses (type filasse verte) se retirent à la main et se mettent au compost ; les algues en suspension (eau verte) se traitent avec des plantes oxygénantes et, si nécessaire, un filtre UV à faible débit.

Les poissons rouges (Carassius auratus) s'adaptent à des bassins de 500 litres minimum (environ 1 m x 1 m x 0,50 m). Ils mangent les larves de moustiques et les petits invertébrés, mais produisent aussi des déchets qui nourrissent les algues : le filtre biologique (volume de billes de filtration en dehors du bassin) est recommandé dès que vous introducez des poissons.

Si vous construisez également une passerelle ou un pont en bois pour traverser ou longer le bassin, notre guide sur la passerelle de jardin en bois vous donnera les dimensions et les essences adaptées au sol humide.

Calculateur de surface de bâche selon les dimensions du bassin

Surface de bâche pour votre bassin hors-sol

Comparatif des bâches d'étanchéité pour bassin de jardin
Matériau Épaisseur Durée de vie Compatible bio Résistance UV Prix relatif
PVC souple 0,5-0,8 mm 8-12 ans Oui (après rinçage) Moyenne Bas
EPDM 1 mm 1-1,14 mm 20-30 ans Excellente Très bonne Moyen
Polyuréthane (rigide) Moulé 15-20 ans Bonne Bonne Moyen
Béton projeté + enduit Sans objet 30-50 ans Après cure Sans objet Élevé
Notre verdict

Pour un bassin hors-sol en bois, l'EPDM 1 mm est le seul choix qui a du sens sur la durée. Son surcoût par rapport au PVC est rentabilisé en moins de 10 ans, et sa compatibilité biologique immédiate avec les plantes et les poissons évite les rinçages préalables et les incertitudes. Pour la structure, le robinier reste l'essence de référence en France : durable, résistant, disponible chez les scieries locales. La mise en oeuvre soignée (pas d'angle vif, feutre géotextile, plis formés sans tirer) conditionne la durée de vie autant que le choix des matériaux.

Sources
  • https://www.fcba.fr/fiches-essence/
  • https://www.inaturalist.org/taxa/47869-Tectona-grandis
  • https://www.jardinage.net/fiches/plantes-aquatiques
  • https://www.afppa.fr
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