Le sel de bore : le traitement naturel du bois contre insectes et champignons
Parmi les traitements du bois, le sel de bore occupe une place à part : il agit à la fois contre les insectes xylophages et contre les champignons, avec une toxicité pour l'homme largement inférieure aux anciennes formulations à base de chrome, de cuivre ou d'arsenic. C'est ce double profil, efficace et relativement sûr, qui en fait un traitement de plus en plus recommandé pour les charpentes et les bois intérieurs, à condition de comprendre ce qu'il peut et ne peut pas faire.
Son principal défaut tient justement à ce qui fait sa sécurité : soluble dans l'eau, il se lessive avec le temps en conditions humides, ce qui limite son usage aux situations où le bois reste protégé des intempéries directes.
- 2 en 1Action fongicide et insecticide simultanée
- Classe 1 et 2Domaine d'emploi recommandé : intérieur, à l'abri de l'humidité
- 5,5 %Seuil de concentration encadré par la réglementation REACH
Comment le sel de bore agit sur le bois
Le sel de bore le plus utilisé en préservation du bois est l'octaborate de disodium tétrahydraté, une forme soluble du bore capable de pénétrer profondément dans les fibres du bois, contrairement à un traitement de surface qui ne protège que les premiers millimètres. Une fois ingéré par un insecte xylophage, il perturbe les bactéries présentes dans son système digestif, l'empêchant de digérer correctement le bois dont il se nourrit. Côté champignons, il agit en perturbant leur métabolisme, freinant leur développement dans le bois traité.
Cette double action en fait un traitement particulièrement adapté à des situations où l'on soupçonne à la fois un risque d'insectes et un début d'humidité, sans avoir à appliquer deux produits différents.
Le sel de bore est aussi employé en traitement curatif contre des colonies déjà installées de vrillettes ou de capricorne, en complément d'une injection plus ciblée dans les galeries actives pour une efficacité renforcée.
La limite qu'il faut connaître avant de traiter
Le bore est un sel minéral soluble dans l'eau, ce qui signifie qu'un bois traité et exposé durablement à la pluie ou à un contact prolongé avec le sol finira par perdre une partie de sa protection, lessivée au fil des saisons. C'est pourquoi le sel de bore est recommandé pour des usages en classe d'emploi 1 et 2, c'est à dire un bois intérieur ou protégé des intempéries directes, et non pour une pièce de charpente exposée ou une terrasse.
Pour un usage extérieur malgré tout envisagé, une finition hydrofuge de bonne qualité appliquée par-dessus permet de limiter ce lessivage, en formant une barrière qui retient l'eau à l'écart du bore imprégné dans les fibres.
N'utilisez jamais de sel de bore comme seul traitement d'un bois en classe d'emploi 3, 4 ou 5 (contact avec le sol, immersion, forte exposition aux intempéries) : le produit se lessivera avant d'avoir pu offrir une protection durable.
| Critère | Sel de bore | Traitement chimique classique (autoclave synthétique) |
|---|---|---|
| Toxicité pour l'homme | Faible à modérée, encadrée par REACH | Variable selon la molécule utilisée |
| Action | Fongicide et insecticide | Souvent insecticide ou fongicide seul |
| Résistance à l'humidité durable | Faible, produit soluble | Généralement meilleure |
| Usage recommandé | Intérieur, classes 1 et 2 | Toutes classes selon molécule |
Sous quelle forme l'acheter
Le sel de bore se trouve en jardinerie, en négoce de matériaux ou auprès de fabricants spécialisés en traitement du bois, sous forme de poudre à diluer dans l'eau chaude (la solution la plus économique pour un grand volume), de concentré liquide prêt à diluer, ou de bâtonnets solides à insérer dans des trous forés pour une diffusion lente sur plusieurs mois. Le choix du format dépend surtout de la surface à traiter et de l'accessibilité du bois : une charpente difficile d'accès se prête mieux aux bâtonnets, une pièce de mobilier ou une petite surface se traite facilement au pinceau avec une solution diluée.
Comment l'appliquer soi-même
- Préparer la surface : dépoussiérer et éliminer toute ancienne finition qui empêcherait la pénétration du produit.
- Diluer le produit selon les indications du fabricant, généralement livré en poudre ou en concentré liquide à diluer dans l'eau.
- Appliquer au pinceau, au pulvérisateur ou par badigeon, en insistant sur les zones les plus sensibles (about, extrémités, assemblages).
- Répéter l'application une à deux fois selon la porosité du bois, pour une meilleure pénétration en profondeur.
- Laisser sécher complètement avant toute finition ultérieure (huile, lasure) qui viendrait sceller la surface.
Sur un bois dur et peu poreux, l'injection par petits trous forés dans les zones sensibles (about de poutre, assemblage) permet au sel de bore de pénétrer bien plus profondément qu'une simple application de surface au pinceau.
Une bonne option pour les charpentes anciennes
Le sel de bore est particulièrement apprécié en traitement préventif ou curatif léger sur les charpentes anciennes, où l'on cherche à protéger le bois sans dénaturer son aspect ni recourir à des produits plus agressifs. Sa capacité à pénétrer en profondeur, notamment par injection dans les zones les plus exposées, en fait une solution de choix pour prolonger la durée de vie d'une charpente traditionnelle sans intervention lourde, à condition que le bâtiment reste correctement ventilé pour limiter les remontées d'humidité qui accéléreraient le lessivage.
Sel de bore et mérule : un rôle préventif, pas curatif seul
Face à la mérule, le champignon de la pourriture cubique la plus redoutée en France, le sel de bore peut ralentir le développement du mycélium sur du bois traité en amont, mais il ne suffit jamais à lui seul face à un foyer déjà installé. Un traitement curatif de la mérule exige toujours d'éliminer la source d'humidité, de retirer les bois trop atteints, puis d'appliquer un protocole complet incluant souvent d'autres fongicides plus puissants en complément.
Comparé aux autres traitements naturels du bois
Le sel de bore n'est pas le seul traitement présenté comme naturel sur le marché. La chaux et les huiles siccatives nourrissent et protègent aussi le bois, mais sans réelle action insecticide comparable. Le vinaigre blanc ou les huiles essentielles, souvent cités dans des recettes maison, n'ont en revanche aucune efficacité démontrée en profondeur contre une colonie d'insectes xylophages déjà installée : le sel de bore reste, parmi les options à toxicité réduite, l'une des rares à combiner une action reconnue sur les insectes et sur les champignons.
Le sel de bore existe sous plusieurs formes commerciales : poudre à diluer, bâtonnets à insérer dans des trous forés pour une diffusion lente en profondeur, ou gel prêt à l'emploi pour les injections ponctuelles sur des zones déjà attaquées.
Questions fréquentes
Sa toxicité est encadrée par la réglementation européenne REACH et reste nettement inférieure à celle des anciens traitements comme le CCA ou le PCP. Il convient malgré tout de porter des gants et un masque lors de l'application, comme pour tout produit de préservation du bois.
Ce n'est pas recommandé en traitement unique, car le produit se lessive avec l'exposition directe aux intempéries. Une finition hydrofuge de qualité par-dessus peut limiter ce phénomène, sans l'annuler totalement.
Oui, appliqué par injection dans les galeries actives, il agit aussi en traitement curatif contre les larves de vrillettes ou de capricorne déjà installées, en perturbant leur digestion du bois.
En conditions sèches et protégées, la protection reste efficace de nombreuses années, le bore ne se dégradant pas chimiquement dans le temps. En conditions humides répétées, le lessivage progressif réduit cette durée, parfois à quelques saisons seulement.
- Réglementation européenne REACH sur les substances borées
- FCBA, institut technologique forêt, cellulose, bois, ameublement
- Norme NF EN 350 (durabilité et traitement du bois)