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Construction bois

Bardage bois de façade : essences, poses et entretien

Facade de maison habillée d'un bardage en bois douglas laissé naturel

Le bardage bois transforme une façade ordinaire en surface vivante, qui évolue avec le temps. Mais derrière cette évidence esthétique, la réussite d'un bardage bois repose sur des choix techniques précis : l'essence, le système de pose, les fixations, la lame d'air. Mal exécuté, un bardage bois se dégrade en quelques saisons. Bien conçu, il dure plusieurs décennies sans intervention lourde. Voici ce qu'il faut savoir avant de choisir.

Les deux familles de bardage bois

On distingue deux grandes organisations de pose, chacune avec ses variantes esthétiques et ses contraintes techniques.

Le bardage horizontal est le plus courant. Il se décline en plusieurs profils : le clin (section biseautée, pose en recouvrement, aspect traditionnel), le faux bouvet (planche rainurée-languettée, joint visible ou invisible), le couvre-joint (deux planches avec une baguette de recouvrement au niveau des joints). Ces profiles horizontaux collectent l'eau de ruissellement de façon prévisible, mais ils favorisent aussi la rétention d'humidité dans les assemblages si les tolérances ne sont pas respectées.

Le bardage vertical à couvre-joint (dit bardage « à clins verticaux avec couvre-joint » ou bardage « ship-lap vertical ») est plus contemporain dans son rendu. Il dreine mieux naturellement, ce qui lui confère un avantage en zones très exposées à la pluie. Le joint vertical exige un couvre-joint en bois ou une conception rainure-languette pour éviter les infiltrations.

Dans les deux cas, le principe de base est identique : les lames de bardage ne sont jamais jointives. Un jeu minimum est laissé pour permettre les mouvements du bois (retrait et gonflement) sans déformation. Pour le douglas ou le mélèze sec à la pose, ce jeu est de l'ordre de 5 à 8 mm selon l'épaisseur et la largeur de la planche.

Les essences recommandées en France

Le choix de l'essence est la décision la plus impactante pour la durabilité et le comportement esthétique du bardage.

Le douglas (Pseudotsuga menziesii) est l'essence de référence pour le bardage en France. Sa durabilité naturelle de classe 3 selon EN 350 le protège de l'humidité intermittente sans traitement systématique. Il grise magnifiquement lorsqu'il est laissé naturel, prenant une teinte argentée uniforme en deux à cinq ans selon l'exposition. Issu majoritairement du Massif Central, c'est aussi l'option la plus locale et la plus économique. Prix indicatif : 18 à 30 €/m² posé en lame brute. Retrouvez les détails techniques de cette essence dans notre guide douglas en construction.

Le mélèze (Larix decidua) est un résineux à durabilité naturelle de classe 3 également, réputé pour sa densité élevée pour un résineux (600 à 700 kg/m³) et son bel aubier rosé qui grise ensuite en argenté. Il est plus résistant aux chocs que le douglas et supporte bien les façades exposées au vent. Production principalement dans les Alpes françaises. Prix : 25 à 40 €/m².

Le châtaignier est le champion de la durabilité naturelle : classe 2 selon EN 350, soit une résistance naturelle très élevée. Il est abondant en France (Ardèche, Limousin, Bretagne), léger, peu sujet au bleuissement. Son seul défaut est la rareté en grande largeur et la difficulté à trouver des profils de bardage en stock constant. Prix : 35 à 55 €/m².

Le red cedar (Thuya plicata) est importé d'Amérique du Nord. Très léger (380 à 450 kg/m³), durabilité naturelle de classe 3, il a l'avantage d'être naturellement odorant et de se travailler facilement. Son principal défaut est l'origine lointaine (bilan carbone) et son prix croissant. Prix : 30 à 50 €/m².

Deux essences sont à éviter sans traitement systématique en façade : le pin sylvestre (durabilité naturelle de classe 4, non durable sans traitement autoclave CL3) et l'épicéa (classe 5, très vulnérable). Ils peuvent être utilisés traités, mais l'entretien sera plus contraignant et régulier.

EssenceDurabilité naturelleGrisonnementPrix indicatif /m²Origine France
DouglasClasse 3Oui, argenté uniforme18 à 30 €Oui (Massif Central)
MélèzeClasse 3Oui, argenté25 à 40 €Oui (Alpes)
ChâtaignierClasse 2Gris brun35 à 55 €Oui (Ardèche, Limousin)
Red cedarClasse 3Gris argenté clair30 à 50 €Non (Amérique du Nord)
Pin sylvestre traitéClasse 4 (sans traitement)Gris irrégulier12 à 22 €Oui

Le système de pose ventilée : la règle absolue

Un bardage bois doit toujours être posé sur un système ventilé. C'est non négociable. La lame d'air minimum est de 20 mm entre le dos du bardage et le support (pare-pluie ou isolant). Cette lame d'air remplit deux fonctions : elle permet à l'humidité qui s'infiltre derrière le bardage de s'évaporer rapidement, et elle rompt la capillarité entre le bardage et le mur.

Le pare-pluie respirant (membrane d'imperméabilisation à l'eau mais perméable à la vapeur) est posé sur le mur ou sur l'isolant, avant l'ossature secondaire. Il empêche les projections d'eau d'atteindre le mur tout en laissant la vapeur d'eau migrer vers l'extérieur. Le pare-pluie doit être agrafé, les lés se recouvrant de 15 cm minimum, et les jonctions doivent être correctement sellées. Le DTU 41.2 (bardages bois) encadre ces obligations depuis sa révision de 2014.

L'ossature secondaire (tasseaux) est posée verticalement pour un bardage horizontal (ou horizontalement pour un bardage vertical). Ces tasseaux (section minimum 27x38 mm, souvent 40x60 mm) constituent la lame d'air et le support de fixation des lames. Ils doivent être traités classe d'emploi 3 ou être en bois naturellement durable, car ils sont susceptibles d'être ponctuellement humides.

Bon à savoir

Le DTU 41.2 impose également que les entrées d'air en bas de bardage (lame d'air ouverte) et les sorties en haut soient protégées par un grillage anti-insectes (maille max 2 mm). Sans ce grillage, des guêpes, des abeilles sauvages ou des insectes xylophages colonisent la lame d'air et dégradent l'ossature secondaire. Un détail souvent oublié sur les chantiers, pourtant prévu dans la norme.

Les fixations : inox obligatoire

Les fixations d'un bardage bois doivent impérativement être en acier inoxydable A2 ou A4. Les vis et pointes galvanisées ou zinguées laissent des coulures rouille sur le bardage dès la première saison, et les tanins acides du douglas ou du châtaignier accélèrent ce phénomène. La vis inox à tête fraisée autoforeuse (tex point ou TORX) est la solution la plus courante. La pointe inox annelée ou torsadée offre un maintien excellent sans tête apparente pour un rendu plus propre.

Chaque lame est fixée sur chaque tasseau qu'elle croise, avec deux fixations par appui pour les largeurs > 100 mm. Les lames ne sont jamais vissées simultanément sur leur rive haute et leur rive basse au même appui : on laisse toujours libre l'un des deux bords pour permettre le mouvement sans voilage.

Finitions et entretien : les trois voies

Une fois le bardage posé, trois options s'offrent pour la finition et l'entretien.

Laisser griser naturellement est la solution zéro entretien, valable avec le douglas, le mélèze ou le châtaignier. Le grisonnement est une oxydation de surface par les UV qui n'altère pas la résistance mécanique ni la durabilité naturelle du bois. Il faut simplement accepter que le grisonnement soit inégal selon l'exposition (côté sud plus rapide) pendant la période de transition (1 à 3 ans). Un bardage laissé naturel peut durer 30 à 50 ans sur une essence de durabilité classe 3, sans aucune intervention. Voir aussi notre guide sur le grisonnement du bois pour comprendre ce phénomène.

L'huile ou la lasure semi-transparente préserve la couleur naturelle ou la teinte légèrement et ralentit le grisonnement. L'entretien est à prévoir tous les 3 à 5 ans selon l'exposition. La pénétration est meilleure sur bois brut que sur bois raboté. Le premier traitement doit être appliqué sur bois sec (humidité < 18 %), idéalement en deux couches à 12-24 h d'intervalle.

La peinture ou lasure opaque cache totalement la matière bois et nécessite un entretien plus lourd (7 à 10 ans entre couches) mais offre une liberté colorimétrique totale. La peinture microporeuse (perméable à la vapeur) est à privilégier pour éviter les cloquages. Sur bois résineux, une couche d'impression anti-tannins est indispensable avant la finition.

  1. Pose du pare-pluie respirant : lés verticaux, recouvrements 15 cm, agrafage tous les 30 cm, jonctions scotchées avec adhésif compatible.
  2. Pose des tasseaux verticaux : section 40x60 mm minimum, fixés dans les montants d'ossature ou le mur porteur, espacement selon le pas des fixations bardage (max 60 cm).
  3. Vérification de la lame d'air : 20 mm minimum mesurés, entrées et sorties ouvertes et protégées par grillage anti-insectes.
  4. Pose des lames de bardage : de bas en haut pour le bardage horizontal (lame basse en premier), fixations inox, jeux de dilatation respectés.
  5. Finition des angles et tableaux de fenêtres : angles avec pièces de finition en bois ou profilés aluminium laqué, retours assurés avec bavettes en zinc ou inox.
  6. Traitement de finition (si choisi) : application sur bois sec, première couche dans les 3 mois suivant la pose.

Questions fréquentes

Pour choisir la bonne essence selon les usages et les classes de durabilité, notre guide des essences bois fait le tri. Et si vous envisagez une extension de maison en ossature bois, le bardage sera le parement naturel de votre agrandissement.

Sources
  • https://www.cstb.fr/
  • https://www.fcba.fr/
  • https://www.bois.com/
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