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Terrasse & extérieur

Fabriquer une jardinière en bois : plans et drainage

Jardinière en bois sur une terrasse

Une jardinière en bois habille une terrasse, structure un balcon ou cache un vis-à-vis avec des graminées, et se fabrique en un week-end avec quelques planches. Mais c'est un ouvrage piégeux : le bois y est en contact permanent avec de la terre humide et de l'eau d'arrosage, la pire des situations pour sa durabilité. La différence entre une jardinière qui tient dix ans et une qui pourrit en deux saisons se joue sur trois points précis : l'essence, le drainage et la protection du bois contre la terre. Le reste n'est que menuiserie.

Ce guide détaille comment concevoir une jardinière, sur pied ou posée au sol, en réglant d'abord ces trois points, puis en ajustant les dimensions aux plantes et en soignant la finition.

Choisir une essence qui tient à l'humidité

Une jardinière relève de la classe d'emploi 4 sur ses faces intérieures (contact avec la terre humide) et de la classe 3 à l'extérieur (pluie, soleil). On vise donc des bois naturellement durables, ou bien on protège efficacement un bois moins résistant. Les valeurs sûres sont les mêmes que pour les autres ouvrages de jardin exposés : châtaignier, robinier, mélèze et douglas de cœur.

Le robinier et le châtaignier, riches en tanins, résistent des années sans traitement. Le mélèze et le douglas, résineux durables et abordables, conviennent bien à condition de purger l'aubier clair, non durable. Pour un ouvrage décoratif de terrasse, on peut aussi partir d'un bois moins durable et compter sur la protection intérieure et la finition, mais la longévité en dépendra directement. Notre guide pour choisir une essence de bois aide à arbitrer entre durabilité, prix et disponibilité selon votre région.

  • Classe 4Contrainte des faces en contact avec la terre
  • 2 cmLit de graviers de drainage au fond
  • 27 mmÉpaisseur de planche conseillée

Sur pied ou au sol : deux logiques

La jardinière au sol repose directement sur la terrasse ou le jardin. Simple à construire, stable, elle offre un grand volume de terre mais garde son fond au contact d'un support humide : il faut la surélever de quelques centimètres sur des cales ou des pieds courts, pour que l'eau s'évacue et que le fond sèche. La jardinière sur pied, plus haute, met les plantes à hauteur de regard et facilite l'entretien du dos droit ; elle demande une structure porteuse solide, car la terre humide pèse lourd, et un fond bien drainé.

Dans les deux cas, la poussée de la terre gorgée d'eau tend à écarter les parois : on renforce donc les angles par des tasseaux verticaux vissés à l'intérieur, et pour les longs modèles, on ajoute une entretoise ou un tirant en partie haute afin que les faces ne se déforment pas en ventre.

Attention

Ne posez jamais une jardinière à même le sol sans surélévation. Le fond en contact permanent avec une dalle ou une terrasse humide pourrit en une ou deux saisons. Quelques cales, des pieds ou des patins suffisent à ménager une lame d'air qui assèche le dessous.

Le drainage, cœur du problème

La cause numéro un de mort des plantes en jardinière n'est pas le manque d'eau, c'est l'excès. Une jardinière sans évacuation devient une baignoire où les racines asphyxiées pourrissent. Le drainage se règle à trois niveaux : des trous d'évacuation au fond, un lit drainant au-dessus, et un feutre qui sépare le drainant de la terre.

  1. Percer des trous régulièrement répartis au fond, ou laisser un jour de quelques millimètres entre les lames du fond, pour que l'eau sorte.
  2. Poser un lit de graviers ou de billes d'argile sur environ 2 à 3 cm, qui stocke l'excès d'eau loin des racines.
  3. Intercaler un feutre géotextile perméable entre les graviers et la terre, pour empêcher le terreau de colmater le drainage.
  4. Remplir de terreau adapté aux plantes choisies, sans tasser, en laissant quelques centimètres sous le bord pour l'arrosage.

Protéger le bois de la terre humide

Même durable, le bois vit plus longtemps si on l'isole de la terre. On agrafe sur la face intérieure des parois une bâche horticole ou un film géotextile qui empêche la terre humide de coller au bois, tout en laissant respirer. Point capital, symétrique du drainage : cette bâche ne doit jamais rendre le fond étanche. On la perce ou on la laisse ouverte au niveau des trous d'évacuation, sinon l'eau stagne et l'on annule tout le travail de drainage.

Bon à savoir

La bâche intérieure protège le bois mais ne remplace pas une essence durable. Sur les faces, elle isole de la terre ; au fond, elle doit rester perméable ou percée pour laisser l'eau s'écouler. Bois durable, drainage et bâche perméable travaillent ensemble, jamais l'un sans les autres.

Dimensions selon les plantes

Le volume de terre commande ce que l'on peut cultiver. Des aromatiques ou des fleurs annuelles se contentent de 20 cm de profondeur ; des vivaces, des graminées ou des petits légumes demandent 30 à 40 cm ; un arbuste ou un bambou en pot exige 40 à 50 cm et une bonne largeur pour l'ancrage racinaire. Plus le volume est grand, plus la réserve d'eau est confortable et moins l'arrosage estival est contraignant, car une petite jardinière se dessèche en une journée de canicule.

PlantesProfondeur de terreRemarque
Aromatiques, annuelles20 cmArrosage fréquent l'été
Vivaces, graminées30 à 40 cmBon compromis polyvalent
Petits légumes30 à 40 cmPrévoir un large volume
Arbustes, bambous40 à 50 cmStructure renforcée

Finition extérieure

Sur les faces extérieures, une finition ralentit le grisonnement et l'encrassement. Un saturateur nourrit le bois et conserve sa teinte sans former de film qui s'écaille, ce qui en fait le produit le plus adapté à une jardinière. Une lasure microporeuse convient aussi. Un produit de traitement extérieur s'applique uniquement sur les faces vues, jamais à l'intérieur au contact de la terre. En hiver, on peut prolonger la vie de l'ouvrage en le mettant à l'abri du gel prolongé, comme on le ferait pour hiverner du mobilier de jardin en bois, notamment pour les modèles fins ou peu durables.

L'astuce de l'atelier

Vissez les pieds ou surélevez la jardinière avant de la remplir, jamais après. Une jardinière moyenne pleine de terre humide pèse plusieurs dizaines de kilos et devient impossible à soulever proprement. On travaille toujours sur un contenant vide.

Le montage, étape par étape

La construction reste simple pour peu qu'on respecte l'ordre des opérations. On assemble d'abord un cadre de fond ou une structure de pieds, puis on monte les faces, et l'on termine par le drainage et la finition. Le principe est celui d'une caisse renforcée aux angles, capable d'encaisser la poussée de la terre humide sans s'ouvrir.

  1. Découper les planches aux bonnes longueurs et poncer les arêtes vives, pour un contenant propre et sans échardes.
  2. Monter les quatre faces sur des tasseaux d'angle verticaux vissés à l'intérieur, qui rigidifient la caisse et reçoivent les vis des deux parois adjacentes.
  3. Fixer le fond à lames espacées ou percé, puis surélever la caisse sur pieds ou cales pour ménager la lame d'air.
  4. Agrafer le géotextile sur les faces intérieures, en le laissant ouvert au niveau des évacuations, puis poser le lit drainant et la terre.

Sur les longs modèles, on double les tasseaux d'angle par un montant central et l'on ajoute un tirant haut, car une paroi d'un mètre cinquante remplie de terre gorgée d'eau exerce une pression considérable et finit par bomber si rien ne la retient. Des vis inoxydables, inox A2, évitent les coulures de rouille sur le bois au fil des saisons.

Questions fréquentes

Sources
  • Norme EN 335 (classes d'emploi du bois)
  • Norme EN 350 (durabilité naturelle des essences)
  • FCBA, Institut technologique forêt cellulose bois-construction ameublement
  • https://www.bois.com/
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